Story de Stephanie Boucher

Story de Stephanie Boucher

J’ai évolué dans une famille monoparentale suite au divorce de mes parents lorsque je n’avais que neuf(9) ans; tout avait basculé, la vie ne paraissait plus facile pour moi. C’était le début de mon calvaire, une histoire triste et douloureuse dont je suis sortie enfin peut être victorieuse. J’ai connu des pires moments et vécu des hauts et des bas, j’avais cette impression que le ciel s’était assombrit sur moi et que pour un moment j’étais obligée de porter un joug et ce à cœur et corps défendant. Mais toutes ces expériences ont fait de moi la personne que je suis aujourd’hui.

Apres la mort de ma mère, je devais retourner sous le toit de mon père, et c’est là que j’allais vraiment affronter la vie. J’ai vécu des expériences douloureuses, dont les souvenirs désolants d’une d’entre elles me revient souvent à l’esprit : « je devais passer un examen à la faculté et sur ce il fallait au préalable verser 500 gourdes ( 5.36 $ US) comme frais. Je ne savais quoi faire, je ne voulais pas rater la session non plus, il fallait le faire mais comment ? Je me suis adressée à un vieil ami de ma mère pour me venir en aide. Le lendemain, je suis allée le rencontrer, en arrivant chez lui, il a fixé une condition, il m’a fait comprendre que c’était l’unique alternative et que je devais accepter sa proposition ; en gros je devais satisfaire ses envies sexuelles, autrement dit coucher avec lui pour les 500 cents petites gourdes. Apres cette proposition indécente; j’ai pleuré de toutes mes forces, je me suis sentie diminuée et surtout humiliée. Comment devrais-je coucher avec celui que je considérais comme un parent? Le lendemain je me suis dirigée à la fac, et fermé mon dossier ». Jusqu'à présent, je n’ai pas encore bouclé cette session, mais malgré tout je me sens fière.

Souvent, je me demande combien de filles font face à des situations similaires quotidiennement ? Combien sont ces victimes ?  Soit en cherchant un boulot, le patron lui fait des offres scabreuses; ou en demandant une aide, on l’exige une négociation sexuelle ? Combien ? Elles sont des centaines, mais elles ont honte de parler, elles ont honte de s’exprimer juste par peur des opinions de la société.

Violée, abattue, méprisée autrefois ! Aujourd’hui, Je ne veux pas me positionner comme une victime, encore moins comme une survivante du viol mais une victorieuse. De fois, je me sens révoltée d’en parler mais aujourd’hui c’est l’une des raisons de mon engagement, je veux aider les filles victimes à devenir de véritables actrices de changement. C’est pour cela je vous raconte ce que j’ai personnellement vécu, mon histoire.

Effectivement j’ai été violée, cela vous surprend certainement; c’est une réalité, jusqu’à présent je n’avais pas encore eu le courage de m’exprimer. Plusieurs ont peur de parler des violences faites aux filles dans les relations amoureuses, ils ne se sentent pas concernés parce qu’ils conçoivent pas le viol au sein d’un couple. Ce qu’elles considèrent comme étant normal, ignorent en réalité que toute relation sexuelle sans consentement est un viol. « Un après-midi, mon ex, mon premier petit ami m’a invité au cinéma, excitée, j’étais trop contente pour une première sortie en amoureux. Au moment du rendez-vous, il était à l’heure , impatient de me voir . Une fois avec lui, la destination changea, ce n’était plus le cinema mais nous nous dirigeâmes vers un hôtel de la place. A notre arrivée, à ma grande surprise, il m’a fait comprendre qu’il voulait de moi et qu’il en mourrait d’envie. Stupéfiée, Timide, j’avais tellement peur pour une toute première fois et je n’étais pas intéressée. Je lui ai demandé d’être patient et qu’au moment opportun nous passerons à l’acte. Comme si le malheur ne venait jamais seul, imaginez que mon petit ami était un policier: Il m’a braqué son arme à feu en lançant des propos menaçants. Et par la suite il m’a pénétré; c’est ainsi que je perdis ma virginité d’une façon violente. Je me rappelle une seule phrase de lui, si tu le dis à qui que ce soit, tu seras servie avec mon arme à feu ». Que feriez- vous à ma place ce jour là?

Des années durant, mon esprit était toujours tourmenté; ces souvenirs macabres hantaient mon âme. J’avais peur de parler, peur de le dénoncer, juste parce que je me sentais humiliée,abaissée, réduite et abandonnée.

Aujourd’hui en regardant mon parcours, je ne peux que dire que je suis une championne, oui je suis une vraie championne.